Oui, vous êtes tombé sur un cas très curieux 😮 .
Jean Pierre Grailhe est, à partir de l’année 1829, garde particulier du domaine de St Martin / la Baume (commune de Lapanouse de Cernon) appartenant au général SOLIGNAC. Il finira sa vie comme cultivateur à la Cavalerie.
Au fil des actes de naissance, mariage, décès de ses enfants, il est appelé parfois Pierre, le plus souvent Jean Pierre, et son épouse s’appelle soit Catherine MICHEL, soit Catherine BROUILLET, parfois Marie BROUILLET ... 😕 mais il semble bien avéré que ce soit la même personne et le même couple 😮 .
En consultant la base du CGA, je leur ai attribué 7 enfants : Jean Pierre (+1829), Camille Eloi (1830-1862) époux Angélique Soutoul, Philippine Anais (o1832), Marie Joséphine Séraphine (o1835) épouse Antoine Barascud puis Pierre Gueisse, Eugène (1836-1902) époux Brigitte Constance Coulet, Jean Baptiste Benjamin (1838-1847) et enfin Constantin (o1841). Très amusant à contrôler sur les divers actes les appellations des parents : l’un, Jean Baptiste Benjamin, est même né fils de C. Michel et mort fils de C. Brouillet ! 😮
Toujours dans la base du CGA, je découvre que Jean Pierre Grailhe va décéder à la Cavalerie le 15 janvier 1868. Il y est décrit comme époux de survivante Catherine Michel. Cette date est confirmé dans l’acte de mariage le 21 janvier 1881 à la Cavalerie de son fils Eugène, pourtant indiqué dans cet acte comme étant fils de Catherine Brouillet ... qui est même présente au mariage mais ne sait pas signer ! un vrai casse tête ! 😮
L’information nouvelle fournie par cet acte de décès c’est qu’il est dit fils de Jean Pierre GRAILLES et Jeanne BALP du Caylar (Hérault). 🙂
Du décès d’une Catherine ou Marie Brouillet veuve Grailhe, pas de trace dans la base du CGA, par contre on peut retrouver Catherine Michel qui décède le 27 février 1897 à la Cavalerie. 🙂 Elle est native de Soulagets commune de St Maurice de Navacelles (Hérault), fille de Jacques MICHEL et Catherine LAFON.
Nous voilà donc avec de nouveaux fils d’Ariane. J’ai fait un petit tour sur les registres de St Maurice de Navacelles ... rien 🙁 . Puis du Caylar, bingo ! 😀 Le 7 mars 1828 voici le mariage du "sieur Jean Pierre GRAILHE cultivateur 34 ans originaire du présent lieu du Caylar demeurant à Pégairoles, fils du sieur Pierre Grailhe bourrelier et de Jeanne Balp décédés mariés quand vivaient audit Caylar, et demoiselle Catherine MICHEL sans profression 24 ans originaire du hameau de Soulatgets commune de St Maurice, demeurant au hameau de la Barraque commune du Cros, fille majeure et légitime du sieur Jacques Michel cultivateur et de Catherine Sellière mariés domiciliés audit hameau de Soulatgets cy présent et consentant", l’épouse ne sait pas signer.
Et à Pégairolles-de-l’Escalette, je trouve la naissance de leur fils Jean Pierre 😀 . C’est certainement lui qui est décédé en Août de la même année au domaine de St-Martin (Lapanouse), pourtant inscrit là à son décès comme fils de Catherine ... Brouillet ! 😕 Il est vrai que l’on distingue bien sur l’acte que le nom de la mère a été rajouté dans la marge dans un deuxième temps ... le préposé à l’état civil n’était pas sûr de lui ...
Mais l’histoire n’est pas finie : un début d’explication peut peut-être encore se trouver ou se deviner !
Toujours dans la base du CGA, en effectuant cette recherche, j’ai trouvé la trace de deux enfants d’un couple, Pierre Grailhe et Marie Brouillet, que j’avais pensé dans un premier temps être le même que celui qui nous intéresse içi. Il s’agit du décès le 3 mars 1877 à l’hospice de St-Affrique de Jean Baptiste GRAILLE ancien boucher 68 ans natif du Caylar, et du décès le 19 avril 1885 à la Cavalerie de Frédéric GRAILLE boucher 73 ans époux de Julie Geniez et natif du Caylar. J’ai pensé qu’il serait peut-être intéressant de mieux explorer les registres du Caylar. Marie Brouillet était peut-être une première épouse de notre Jean Pierre ...
Et voilà qu’assez rapidement 😀 je trouve au Caylar un mariage du 18 février 1806 entre "le sr Pierre Grailhe bourrelier 22 ans né au présent lieu du Caylar, y domicilié, majeur, fils du Sr Pierre Grailhe aussi bourrelier cy présent et consentant et de dmlle Jeanne Balp mariés domiciliés audit Caylar, et demoiselle Marie Brouillet 22 ans née audit Caylar, y domiciliée, fille majeure du Sr Fulcrand Brouillet bridier cy présent et consentant, et de feue Eléonor Poujol, domicilié au présent lieu", l’épouse ne sait pas signer. Ce Pierre Grailhe deviendra boucher au Caylar et le couple va avoir 15 enfants 😮 de 1806 à 1829 ! Ce ne sont donc définitivement pas les personnages que nous cherchions. 🙁
Mais cela nous apprends que notre Jean Pierre Grailhe né vers 1794 avait un grand frère de 10 ans plus âgé que lui : Pierre Grailhe né vers 1784 qui lui était bien marié à une Brouillet, Marie de son petit nom ... 😀 Une coutume connue veut que les ainés de dix ans plus âgés donne leur prénom à leur frère et devienne leur parrain !
Voici donc une piste pour "une" explication de ce méli mélo d’identité : une belle-soeur plus âgée et aguerrie qui vient épauler le couple lors des accouchements accompagnée de son mari ... un couple non originaire du coin et vivant "isolé" sur un domaine, donc pas vraiment connu des autochtones ... des époux et pères très liés et qui portent pratiquement le même prénom ... des épouses et mères illettrées ... tout cela explique peut-être ces confusions d’identité à répétition, qui peu à peu sont devenues habituelles, les préposés à l’état civil consultant les actes précédents pour établir les nouveaux ... d’où la situation d’aujourd’hui qui nous semble inextricable ! 😕
Pour qui veut aller au fonds des choses, une confirmation pourrait certainement se trouver par l’examen des successions de Jean Pierre Grailhe et Catherine Michel, où se retrouveraient listés leurs enfants sans doute possible ... Bonne recherche 😀